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Par Lou de Libellus dans du champ du signe le 1 Mai 2013 à 00:01
Bienvenue à nos lecteurs pour ce cinquième numéro d'Anacoluthes où nous recevons Codex Urbanus, le noctambule.
On ne présente plus Codex Urbanus, ses nuits, ses murs, c'est beau.
« Codex, vous faites le mur, la nuit, c'est beau ?
_ C'est beau une ville la nuit.
_ Vous avez un emploi fictif à la mairie ?
_ C'est une fiction. La nuit, je fais le mur, et j'assure l'emploi des ravaleurs de la mairie qui viennent effacer mon travail dans la journée.
_ Vous faites le counard.
_ Disparu sous la peinture beigeasse de la mairie de Paris... Mais nous vaincrons !

_ Vous vous êtes exposé à la galerie Des Pas Perdus.

_ Perseverare et tout ça.
_ Pour la première fois, vous êtes accroché dans la chambre verte chez Lou de Libellus.
_ Un mécène, il m'a fait des câlins, je lui ai fait des bisous.

_ Vous faites les murs depuis au moins 15.000 ans ?
_ Tu connais Lascaux ?
_ Oui, bien sûr ! La vache folle !

_ La licorne !

_ Et l'homme ithyphallique, dans le puits ?
_ Un autoportrait.
_ A la manière de Hitchcock.

_ Vers la fin de l'année du Seigneur 1327, dans une abbaye dont même aujourd'hui il semble pieux et charitable de taire le nom, vous signez vos enluminures du nom de frère Adelme d'Otrante. Vous aviez un vrai don pour l'irrévérence et les images de comédie.

_ Un âne enseignant les Ecritures aux évêques.

_ Le pape en renard et Messer l'Abbé en singe.

_ Au XVe siècle, vous êtes en Avignon, on connaît encore votre manuscrit référencé BM, 221, f. 29v, Collectaire célestin.
_ Une fantaisie.
_ Entre 1562 et 1575, vous illustrez, sous le nom de Baptiste Pellerin, L’Isle sonnante de Rabelais, à la plume et encre brune, et lavis d’encre brune.







_ J'étais inspiré par le papegault.
_ En 1856, vous êtes Grandville, dans le Voyage au pays de Houyhahoms, avec Swift.

_ Nous étions compagnons de route, avec Jonathan on ne s'ennuyait pas.

_ Nous sommes au XXIe siècle, voyons vos œuvres récentes.

_ The shrimpfly was destroyed by an unkown sucker, yet resurrected as a ghost… Paris, rue des Abbesses.


_ Un fourmilier, avec les pattes d'eph de votre jeunesse yéyé.
_ ?

_ Bruxelles, rue des Chartreux. Après les abbesses, vous vous retirez dans le massif de la Chartreuse, en ermite.
_ Une verte, 55°, sans eau.

_ Vous résidez dans une modeste hutte plantée sur les jardins de l'Hôtel de ville, près du pont d'Arcole.

_ On vous reconnaît bien.
_ ?
_ Codex saisit un drapeau, s’élance sur le pont et l'y plante. Sa colonne l'avait à moitié franchi lorsqu'un feu de flanc la fit rétrograder. Les grenadiers enlevèrent Codex et l’entraînèrent, il fut précipité dans un marais où il enfonça jusqu'à mi-corps. Lannes qui était blessé le couvrit de son corps. Muiron, aide de camp, en fit autant et il fut tué. Codex tente alors d'envoyer des renforts à Masséna mais tombe dans un marécage. C'est le général Patrick qui rallie ses hommes et sauve le futur noctambule. *
_ Un cabinet d'amateur.
_ Bonne nuit, Codex, venceremos ! »
* * *
Fidèlement vôtre, à 4 h 35, Anacoluthesvous convie à la rencontre de notre prochaine invitée, Karine, dans son coin lecture.
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* D'après le récit de Jean Antoine François Ozanam, témoin visuel, hussard de la 1ère Compagnie des Hussards de Berchiny, Livre de Famille, Tome I, Fond Ozanam (non publié).
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Anacoluthes
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Par Lou de Libellus dans de litterrance le 27 Avril 2013 à 00:01

Jean Cocteau, Lettres à Jean Marais, Editions Albin Michel, 1987

1938
Mon Jeannot,
C'est Noël, le plus merveilleux Noël de toute ma vie.
Dans mes souliers il y a ton cœur, ton corps, ton âme, la joie de vivre et de travailler ensemble. Un objet serait « le cadeau utile » que je réprouve. Du superflu. Je ne regarderais que les mains qui le donnent. Mon Jeannot, jamais je ne répéterai assez : merci, merci pour ton génie créateur, merci pour notre amour.
Ton Jean
[1939]
19, place de la Madeleine
Vendredi soir
Mon Jeannot,
Chaque jour ma tendresse pour toi est plus forte et je peux t'écrire comme si l'encre me coulait du cœur. Que tu es noble, simple, calme, digne de ton étoile ! Chaque minute me prouve que la différence qui existe entre les autres et toi. C'est la raison de mon courage et de mon espoir. Nos fées nous entourent et nous aiment. On peut bien ouvrir et lire nos lettres. On n'y trouvera que des exemples de droiture et le dégoût des combines.
Juin 1940
[Jean Marais est au front]
Mon enfant chéri,
Sans nouvelles de toi. J'essaye de vivre avec ton image et la certitude que ton étoile et mon étoile te protègent.
Si par une chance incroyable cette lettre t'arrive, écoute : à la moindre égratignure, à la moindre foulure – fais-toi évacuer sur Perpignan où le docteur* te prendra dans son service.
* Le docteur Nicoleau
Milly
6 septembre 1963
J'aime fermer les yeux et me transporter où je voudrais vivre.

Jean Cocteau est mort le 11 octobre 1963 dans sa maison de Milly-la-Forêt.
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Par Lou de Libellus dans de maintenant le 23 Avril 2013 à 00:01
Bienvenue à nos lecteurs pour ce quatrième numéro d'Anacoluthes où nous recevons Yueyin, la gaufre de Wallonie, la quiche de Gascogne.

On ne présente plus Yueyin.
« Vous êtes arrivée en retard, ma chère cousine, comme à votre habitude !
_ …
_ Et la famille ?
_ Quelle famille ! Mais quelle famille ! La Blondinette, tu la connais, elle n'écoute pas !

_ Mam'zelle Milou insulte sa sœur !

_ Junior parle comme un charretier !

_ Et Monsieur Yueyin ?
_ Il passe son temps à écouter de la poésie fine ! Je t'en ai apporté un échantillon !

_ Vous savez que bren est une variante de bran, et vous vous retirer parfois dans votre ermitage, sur l'étang de la Mer Rouge, en Grande Brenne.

_ Un lieu de méditation, pour vous ?
_ Un retour aux sources.
_ En effet, vous êtes philosophe. On connaît votre essai sur...
_ … Kant au Berry *, mon chausseur chéri.
_ Lisons.
Seul ce que l’on ne possède pas l’habileté de faire, même si on le connaît de la manière la plus parfaite, relève de l’art. Camper décrit très exactement comment la meilleure chaussure doit être faite, mais il ne pouvait assurément pas en faire une.
Yueyin, Œuvres complètes, Editions Lireouimaisquoi, 2013 **

_ Vous êtes gaufre ?
_ De Wallonie sans l'anis.
_ Et quiche, vous le dites : quiche je suis, quiche je reste.
_ ...
_ Vous êtes allée en résidence au Saint-Office ?
_ Jusques au feu exclusivement !

_ Et l'estrapade ?

_ La Question ?
_ Oui, que préférez-vous ?
_ Homard au naturel, pleaaase, ça fait longtemps, avec une lichette de mayonnaise, maison si possible, et une goutte de citron... J'aime les plaisirs simples.
_ Votre art en témoigne. Parlons-en. En janvier 1967, vous présentez votre première œuvre sur toile de store à bandes verticales alternées : un concept est né.

_ Depuis, vous êtes passée à l'horizontale.
_ ?
_ Vos œuvres sont exposées dans le monde entier...
_ … non, pas à Caussade, rien que des prétentieux...
_ … et récemment...
Yueyin, Ōsaka-shi, 2012 [un clic pour une plus haute définition]
_ Un chantier géant ! Avec le soutien de Wan Hai Lines...
_ ...et de Mothra !
_ Vous avez aussi votre jardin secret ?
_ A gauche.
_ Avec un contrepoint en terrasse, à droite. Quelle composition ! Merci, Yueyin ! »
* * *

* Geoffrey Chaucer, Les Contes de Canterbury

** Emmanuel Kant, Critique de la Faculté de juger, 1790, § 43, trad. A. Philonenko, Vrin, 1993
* * *
Fidèlement vôtre, à 4 h 35, Anacoluthesvous convie à la rencontre de notre prochain invité...
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Par Lou de Libellus dans du champ du signe le 19 Avril 2013 à 00:01

Nicolas Folmer & Daniel Humair Project, Lights, Nicolas Folmer : trompette, Daniel Humair : batterie, Laurent Vernerey : contrebasse, Alfio Origlio : piano, Création jazz, 2012

Nicolas Folmer, Ici et maintenant, in Lights, Nicolas Folmer : trompette, Daniel Humair : batterie, Laurent Vernerey : contrebasse, Alfio Origlio : piano, Création jazz, 2012
Un jazz minimaliste avec, pour certaines pièces, des envolées lyriques.
Nicolas Folmer, encore étudiant au conservatoire de Paris rencontre Daniel Humair lors d’une Master Class du maître.
Plus tard, les deux illuminés se retrouvent pour Lights.
* * *
Daniel Humair, Sweet & Sour – le métronome contrôlé
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Par Lou de Libellus dans de maintenant le 15 Avril 2013 à 00:01Bienvenue à nos lecteurs pour ce troisième numéro d'Anacoluthes où nous recevons Escargolio.
On ne présente plus Escargolio, le géant de la pensée moderne.
« Escargolio, vous êtes un sous-doué de la culture ?_ Nul n'a le droit en vérité de me blâmer, de me juger, et je précise que c'est bien la nature qui est seule responsable si je suis un golio, comme ils disent._ Vous avez une autre activité, vous êtes tripoteur de bits ?_ Monsieur Lou, vous savez, dans un octet il y a 8 bits, quand 1 bit s'affole, ça fait un bug, c'est la loi de l'évolution._ Et vos travaux sur l'évolution passionnent actuellement l'élite du monde scientifique.
_ Vous n'êtes pas un forçat du travail ?_ Le fifre socialiste des attrapeurs de rats vous résonne toujours à l’oreille._ Relisons.Les louangeurs du travail. — Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours de la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et d’un intérêt général : l’arrière-pensée de la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail — c’est-à-dire de cette dure activité du matin au soir — que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des convoitises, des envies d’indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, il retire cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l’on travaille sans cesse durement, jouira d’une plus grande sécurité : et c’est la sécurité que l’on adore maintenant comme divinité suprême. — Et voici (ô épouvante !) que c’est justement le « travailleur » qui est devenu dangereux ! Les « individus dangereux » fourmillent ! Et derrière eux il y a le danger des dangers — l’individuum !L'état impossible. —[...]Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations, ces nations qui veulent avant tout produire beaucoup et être aussi riches que possible ? C’est à vous de leur présenter un autre décompte, de leur montrer quelles grandes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour un tel but extérieur ! Mais où est votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c’est que respirer librement ? si vous savez à peine suffisamment vous posséder vous-mêmes ? si vous êtes trop souvent fatigués de vous-mêmes, comme d’une boisson qui a perdu sa fraîcheur ? si vous prêtez l’oreille à la voix des journaux et regardez de travers votre voisin riche, dévorés d’envie en voyant la montée et la chute rapide du pouvoir, de l’argent et des opinions ? si vous n’avez plus foi en la philosophie qui va en haillons, en la liberté d’esprit de celui qui est dépourvu de besoins ? si la pauvreté volontaire et idyllique, le manque de profession et le célibat, tels qu’ils devraient convenir parfaitement aux plus intellectuels d’entre vous, sont devenus pour vous un objet de risée ? Par contre, le fifre socialiste des attrapeurs de rats vous résonne toujours à l’oreille, — ces attrapeurs de rats qui veulent vous enflammer d’espoirs absurdes ! qui vous disent d’être prêts et rien de plus, prêts d’aujourd’hui à demain, en sorte que vous attendez quelque chose du dehors, que vous attendez sans cesse, vivant pour le reste comme d’habitude — jusqu’à ce que cette attente se change en faim et en soif, en fièvre et en folie, et que se lève enfin, dans toute sa splendeur, le jour de la bête triomphante !Escargolio, O épouvante !, Le Kikimundo, 2010 *_ Vous grattez, pourtant ?
_ Du bout des dents.
_ On n'a pas oublié votre prestation à Woodstock, en 1969._ You've had a good trip on that day !?_ J'avais juste flairé une salade des champs._ Vous êtes le Père Ubu du XXe siècle ?_ ?_ Près de cent ans après Alfred Jarry, votre créateur est en classe de première et il suit, comme le créateur de Monsieur Ubu, des cours de physique. Laissons-lui la parole.Cette année-là, il y avait dans notre emploi du temps une journée assez particulière. Une journée entière consacrée aux travaux pratiques à l’atelier qui se terminait par une heure de sciences physiques. Après huit heures passées sur les machines à usiner de l’acier ou de la fonte, inutile de vous dire qu’en cours de physique, nous n’étions pas hyper-concentrés. La physique n’était pas une des matières principales pour notre bac. On la passait seulement en rattrapage et à l’oral. De plus, notre prof était un jeune remplaçant sans expérience. Il avait beaucoup de mal à nous tenir. Nous l’impressionnions physiquement et cela se voyait. Nous n’étions pourtant que des gamins, mais après avoir pataugé toute la journée dans l’huile et les copeaux métalliques, nous faisions peur à voir. Nous étions gris, huileux et surexcités. Alors, cette heure de cours se transformait souvent en séance de défoulement. Chacun décompressait à sa façon : lecture de magazines, commentaires sur la journée, batailles de boulettes de papier…Au milieu de cette cohue, mon copain de classe et moi expérimentions une nouvelle forme d’art : le N’importe-quoi. Le but du jeu était de se faire rire en inventant des histoires débiles. Notre mode d’expression favori était le dessin. Nous avons donc créé un escargot débile que nous mettions en scène dans nos histoires.Pourquoi un escargot ?Tout simplement parce que c’est facile à dessiner. En fait, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, je ne sais pas dessiner. Par contre, je fais bien semblant et cela fonctionne, car nombreux sont ceux qui me complimentent pour mes dessins. Je n’ai pourtant aucun talent. Mon seul mérite, c’est d’essayer. Le choix d’un escargot comme héros a été guidé par la facilité. Un escargot, c’est une forme simple. On ne s’embête pas avec les bras et les jambes, et comme son corps est mou, on peut le représenter n’importe comment sans qu’il paraisse trop difforme.C’est ainsi qu’est né Escargolio.
_ Vous êtes monté..._ … comme une bête !_ ... à Paris ?
_ Bof... Pascal..._ C'est vrai, vous êtes un spécialiste de Voltaire.
_ Je ne joue même pas au tiercé, alors le Pari du Blaise..._ Nous parlions de Paris, pas de Pari._ Ben oui ! Sans coquille, j'irais à poil !_ Et avec Zamour ?_ On avait acheté un livre...
_ Votre renommée mondiale s'étend jusqu'au pays du Soleil levant ?

_ Avec Zamour, on a fait une tournée, enfin... elle a fait la tournée des musées, et moi, celle des sakés._ Vous ne manquez pas un anniversaire de Zamour ?_ Ni un meeting du Front de gauche.
_ Zamour est bonne cuisinière ?_ Quand elle fait un repas entier !_ Antillais. Gardez votre coquille, nous sommes en direct.
_ Merci, Escargolio ! Voyons ensemble votre || Suite à un incident indépendant de notre volonté, nous ne sommes pas en mesure de diffuser la fin de ce programme. Veuillez nous en excuser. »
* * ** Friedrich Nietzsche, Aurore - Réflexions sur les préjugés moraux, III, 173, 206, 1981, trad. Henri Albert, Mercure de France, 1901* * *Fidèlement vôtre, à 4 h 35, Anacoluthes vous convie à la rencontre de notre prochaine invitée, Mrs Yueyin.
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